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Le Pensionnat Gatti de Gamond – Transmettre l’histoire et la mémoire aux plus jeunes

L’histoire du pensionnat Gatti de Gamond est aussi bouleversante que celle de la Maison d’Izieu en France. Le 12 juin 1943, une rafle menée par la Gestapo arrache à la vie une quinzaine d’enfants juifs cachés dans l’établissement, ainsi que plusieurs adultes réfugiés sur place. Tous seront déportés vers les camps de la mort.

À la tête de ce pensionnat privé situé à Woluwe-Saint-Pierre, à Bruxelles, se trouvaient Odile Henri-Ovart et son mari Rémy Ovart. À la fin de l’année 1942, au péril de leur vie, ils avaient choisi d’accueillir et de cacher quinze enfants juifs ainsi que plusieurs adultes afin de leur offrir un refuge face à la barbarie nazie.

Le 12 juin 1943, la Gestapo fait irruption dans l’établissement. Tous les Juifs cachés sont arrêtés, à l’exception d’un nourrisson qu’Odile Ovart parvient à arracher des bras d’un soldat allemand avant de le confier à une personne non juive présente par hasard sur les lieux. Parmi les enfants raflés, un seul survivra : Bernard Lipstadt, qui réussira plus tard à s’échapper d’un hôpital de Malines.

Odile Ovart est emprisonnée à Saint-Gilles jusqu’au 24 mars 1944 avant d’être déportée à Ravensbrück puis à Bergen-Belsen, où elle meurt du typhus entre mars et mai 1945. Son mari Rémy Ovart est quant à lui déporté à Sachsenhausen puis à Buchenwald. Il sera abattu lors d’une marche de la mort, incapable de suivre le rythme imposé par ses bourreaux.

Après la guerre, leur fille Andrée Maucourant-Ovart perpétuera leur engagement en fondant la Fondation Odile Henri, spécialisée dans la recherche de familles d’accueil pour les enfants dans le besoin. Le 4 octobre 1994, Yad Vashem reconnaît Odile Henri-Ovart et Rémy Ovart comme Justes parmi les Nations.

Ce 15 juin, devant le pensionnat Gatti de Gamond situé au 10 rue Fauchille à Woluwe-Saint-Pierre, écoles, associations mémorielles et représentants de la commune se sont réunis pour rendre hommage aux déportés, mais aussi pour rappeler le courage, l’humanisme et le sens civique de celles et ceux qui ont risqué leur vie afin de sauver des Juifs traqués pendant la guerre.

L’association Mémoire, Culture et Transmissions œuvre sans relâche pour transmettre la mémoire des victimes de la Shoah et des actes de résistance auprès des écoles. À travers ces destins singuliers, ces « petites histoires » qui racontent la grande Histoire, elle rappelle l’importance de donner un visage aux disparus.

L’Association pour la Mémoire de la Shoah, également engagée auprès des établissements scolaires, a notamment assuré la pose et la restauration des pavés de mémoire liés au drame du pensionnat Gatti de Gamond.

La commune de Woluwe-Saint-Pierre s’est elle aussi pleinement associée à cet hommage, saluant le courage, l’humanisme et l’engagement du couple Ovart face à l’inhumanité nazie.

Des enfants des écoles, accompagnés de Guy Marchand, étaient présents pour rendre hommage aux victimes, mais surtout pour mettre des visages sur ces vies brisées par la barbarie.

Bernard Lipstadt, unique rescapé de cette rafle, rappelait avec émotion : « Ne meurent que ceux que l’on oublie. »

Il est de notre devoir de transmettre cette mémoire et de faire connaître le destin tragique de ces enfants, de ces femmes, de ces hommes, mais aussi de leurs sauveurs, qui ont résisté au péril de leur vie.

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