Regards n°1108

Interdum pugna cessat, disciplina numquam cessat*

Que c’est dur de retourner au quotidien après ces époustouflants JO de Paris ! On aurait envie d’aller au boulot en BMX ou en canoë-slalom, mais on a passé tellement de temps devant les compétitions qu’on pourrait faire homologuer des courbatures par procuration. Jamais je n’ai regardé autant de sport de ma vie, et avec autant d’intérêt, y compris pour des disciplines qui d’habitude remplacent les somnifères quand ils viennent à manquer. Que celui qui ne s’est jamais endormi devant une course d’aviron me jette la première rame !

Après 20 ans passés en Belgique, j’ai été surprise que l’événement éveille en l’ex-Parigote que je suis un certain patriotisme. (Pas de jalousie, mes Belges chéris, j’ai également soutenu comme une furie les athlètes noir-jaune-rouge). Mais la plus grande surprise des JO – relevée par The Wall Street Journal – reste que même les Français n’ont pas eu à se plaindre. Ils étaient contents, le métro a fonctionné, les poubelles ont été ramassées, « Paris est une fête », le retour.

De la cérémonie d’ouverture impeccablement tricolore – puisque suivie de deux semaines de polémique – à celle de clôture, admirablement hexagonale par sa dimension soporifique amorçant la transition vers notre sport favori – râler –, ces JO ne pouvaient mieux incarner le slogan francophone né dans les files d’attente aux douches collectives de campings ardéchois : « C’est les vacances, pas de violence. ».

Malheureusement, le business antisémite ne connaît pas de trêve, même olympique. Face à cela, il va falloir redoubler d’efforts, les amis. Et par « efforts », j’entends « humour ». Pas celui d’Herman Brusselmans, « journaliste-poète » qui sera bientôt face à la justice pour les mots nidoreux qu’il a choisis pour exprimer publiquement ses pulsions de meurtre antisémites à coups de couteau, mais plutôt celui de Romain Gary, qui voyait au contraire dans la pratique du trait d’esprit « l’arme blanche des hommes désarmés, comme une forme de révolution pacifique et passive qui désamorce la réalité pénible qui nous arrive dessus. »

Mais si l’humour s’apparente parfois à un sport de haut niveau avec ses exploits, ses surprises, ses manques de préparation, ses virtuoses et ses ratés, c’est aussi un sport sans arbitre pour siffler la fin du match (dès lors qu’on ne vit pas en Afghanistan). Et au contraire du sport, où le commentaire magnifie l’action observée : « Analyser l’humour, c’est comme disséquer une grenouille. Ça intéresse peu de gens, et les grenouilles en meurent. » (E.B. White).

Heureusement, quand on blague, la joute ne connaît pas de fin, donc pour un entraînement de qualité afin d’aborder cette rentrée déterminés et endurants (parce qu’on n’est pas sortis du sable), allons affûter nos armes blanches de désarmés auprès de la fine lame Linda Goldstein (@realrabbilinda sur X, ex-Twitter), fausse Rabbin en Chef de Gaza, pourfendeuse virtuelle de l’islamisme, d’un certain « progressisme » de gauche – y compris celui professé par nos frères juifs qui se détestent – et de l’esprit étriqué des rabat-joie disséqueurs de grenouilles.

Écrit par : Noémi Garfinkel

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