Dans toutes les cultures culinaires, il existe deux types de transmission qui ne sont pas étrangères à celles du judaïsme : la transmission orale et la transmission écrite. Je viens encore de le vérifier.
Comme chaque année, les Juifs célèbrent au mois de décembre, la fête de Hanoucca ou fête des Lumières ou la fête de la … friture ! En effet, toute communauté juive confondue, cuisine des plats, pâtisseries tous plus gorgés d’huile les uns que les autres. L’huile fait référence au « miracle » de la fiole d’huile dans le Temple, qui était censée brûler une journée et qui brûla 8 jours durant. Et c’est pourquoi aussi, après Hanoucca nous nous empressons de brûler toutes les calories accumulées pendant plus d’une semaine !
Les pâtisseries les plus connues de la fête sont le sfenj séfarade et le ponchke ou ponchik, en yiddish, un beignet ashkénaze, appelé aussi soufganiya, en hébreu. La racine « sfg » de sfog signifie absorber, éponger, l’huile, évidemment.
J’ai essayé de réaliser des soufganiyot (pluriel de soufganiya) pour le plaisir de les faire et de les partager plutôt que de les acheter. Bien que j’aie suivi scrupuleusement les recettes de grands pâtissiers, l’un israélien et l’autre, américain, mes soufganiyot avaient piètre mine à côté de celles qu’on trouve dans le commerce.
Mais aujourd’hui, grâce à la science infuse d’une de mes connaissances, spécialiste de la pâtisserie juive hongroise, j’ai compris mon erreur. Et c’est ici, que cela devient intéressant. J’ai pu parfaire mon savoir-faire culinaire grâce à la transmission orale, loin des sites ou autre énième livre de cuisine.
Cette connaissance m’a expliqué que pour réaliser de beaux beignets bien gonflés et aériens, il faut d’abord pétrir et faire monter la pâte jusqu’au double de son volume et seulement, à ce moment-là, incorporer le sel et délicatement, le beurre qui, s’ils sont introduits trop tôt, empêchent la pâte de monter.
C’est donc le moment de réunir les forces vives, c’est à-dire vos enfants, petits-enfants ou vos amis pour réaliser ensemble vos propres soufganiyot. Un moment de partage, de fête et dans l’esprit de la transmission de notre patrimoine culinaire. Un énième miracle.
Bonne fête des Lumières. Joyeux Hanoucca.
Soufganiyot ou beignets de Hanoucca
Ingrédients
- 1 sachets de levure sèche
- 2 càs d’eau tiède
- 1 càs de sucre blanc
- 450-500 gr de farine tous usages
- 50 gr de sucre
- 2 jaunes d’œufs (larges)
- 1 œuf
- 120 ml de lait entier tiède
- Le zeste râpé d’un citron
- 1càc de sel
- 6 càs de beurre doux à température ambiante
- Huile (neutre) pour friture
- Confiture de fraise ou d’abricot
- Sucre impalpable.
Préparation de la pâte
- Diluez la levure dans 4 càs d’eau tiède avec 1 càc de sucre blanc (elle accélère l’arrivée des bulles). Réservez.
- Mélangez dans un bol, la farine tamisée, le lait tiède, le sucre, les œufs. Lorsque la levure dans l’eau, commence à faire des bulles, ajoutez-la à la farine. Pétrissez la pâte sur un plan de travail fariné jusqu’à ce qu’elle n’adhère plus aux doigts. Ajoutez de la farine, si nécessaire.
- Formez une boule et déposez-la dans un bol. Laissez reposer et monter (le double de son volume). Pétrissez de nouveau la pâte en ajoutant le sel et le beurre, progressivement.
- Aplatissez la pâte avec un rouleau à pâtisserie jusqu’à 3 cm d’épaisseur et avec un emporte -pièce (5 cm de diamètre) ou un verre et découpez le plus possible de ronds.
- Faites chauffez l’huile dans une poêle profonde. Lorsqu’elle est bien chaude, déposez délicatement les ronds de pâte et laisser frire jusqu’à ce qu’ils soient dorés puis retournez les et répétez l’opération. Déposez ensuite sur du papier absorbant pour épongez l’excédent d’huile.
- Quand les beignets seront froids, remplissez de confiture, la seringue spéciale pour la pâtisserie de Hanoucca et injectez- en dans la partie supérieure du beignet jusqu’à ce qu’elle déborde.
- Saupoudrez de sucre impalpable.






