Le droit de blasphémer, le droit d’emmerder Dieu

Henri Raczymow
Me Richard Malka m’est éminemment sympathique. Non pas seulement parce que je lui trouve une bonne bouille, mais parce qu’il est l’avocat de Charlie Hebdo. A ce titre, il restera dans l’histoire. L’histoire tragique de ces dernières années en France.
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On se souvient de l’affaire, qui débuta par l’assassinat de Theo van Gogh à Amsterdam en 2004 puis la publication de douze caricatures par un journal danois puis en 2006 par Charlie. Sans oublier une manipulation par des imams danois qui ont ajouté de fausses caricatures au dossier infâmant, propres à enflammer la rue arabe… D’où l’attentat islamiste contre Charlie en 2015 qui fit douze morts.

En 2020 Me Richard Malka plaide pour Charlie et l’Hyper Cacher à Paris. C’est la version écrite (ou plutôt réécrite) de sa plaidoirie prononcée le 4 décembre 2020 qui nous est donnée ici à lire. Les mots de Me Malka sont vibrants, pathétiques. Non, dit-il, il ne parle pas pour l’histoire, mais pour le présent.

Il met en cause les criminels fanatisés que l’on sait, mais aussi ceux, complaisants et lâches, qui ont cru bon pactiser avec eux, comme pour reculer l’échéance du crime, pour, croyaient-ils, le conjurer. Cette même lâcheté que dénonçait Churchill après les accords de Munich avec sa célèbre formule : « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur, vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre ». Malka nomme ici ces intellectuels qui, forts de leur vision multiculturaliste, considère que pour avoir la paix et préserver le fameux “vivre ensemble”, il faut commencer par respecter la religion et surtout se garder de blasphémer !

Le mot est lâché. Or, c’est la France, précisément, qui, la première au monde, en 1791, abolit le délit de blasphème. Oui, martèle Richard Malka, on a le droit de se moquer des religions. De l’islam comme des autres. Des religions, ajoute-t-il, « pas des hommes à raisons de leur religion ». 

Rencontrez Richard Malka au CCLJ, le 25 janvier à 20h, il viendra présenter son livre dans le cadre d’un débat.
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Le droit d’emmerder Dieu, Richard Malka, Grasset, 93 p.

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