Regards n°1086

Thomas Gunzig, Le Sang des bêtes

Tom, la cinquantaine, est légèrement déprimé. A l’âge des bilans, il se demande ce qu’il a fait de sa vie. La réponse ne lui saute pas aux yeux. Il travaille toute la journée dans une boutique de fitness, de produits énergisants et autres compléments alimentaires. Il ne croit pas à tous ces produits qu’il vend, mais il faut bien vivre. Lui-même fait de la musculation, obsédé qu’il est par ses pectoraux et sa hantise de ressembler à un vieux marchand Juif, « né pour être déporté et gazé, né pour ne jamais plaire à la moindre grande fille blonde ». Sa hantise : demeurer malingre, chétif, voûté, pitoyable. Ses modèles : Schwarzenegger, Stallone, Jean-Claude Vandamme. Sa vie de famille n’est pas folichonne. Il trouve sa femme trop maigre et son fils, majeur pourtant, immature et déprimé comme lui. D’après le grand-père, survivant de Pologne, on a affaire à un traumatisme transgénérationnel… A l’occasion de son anniversaire, sa femme lui offre un test ADN qui révélerait ses ancêtres.

Il renouerait avec sa généalogie… Mais tout bascule vraiment le jour où Tom prend une jeune femme maltraitée en pitié et la recueille à la maison, où vivent déjà son propre vieux père et son fils qui, plaqué, est revenu vivre à la maison. On ne sait d’où sort cette jeune femme rousse, ni son nom, ni sa nationalité, ni son adresse. On ne sait qu’une chose : elle se prend pour une vache ! Et voilà le roman un peu conventionnel de Gunzig qui bascule dans le fantastique. Le lecteur le suit volontiers, curieux de savoir ce qui va résulter de cette folle histoire et de ses très bizarres protagonistes. A moins que tout cela soit très banal, après tout. L’imagination d’un auteur de talent, né à Bruxelles en 1970 et dont le lauréat du prix Goncourt 2020, Hervé Le Tellier a pur dire : « Thomas Gunzig est un fauve littéraire aux gestes féroces et déroutants. On devine que face à lui, les morts tremblent de trouille, et ils ont bien raison ». On ne saurait mieux dire.

Écrit par : Henri Raczymow

Esc pour fermer

Press,Briefing,By,Francesca,Albanese,,Special,Rapporteur,On,The,Situation
Un doctorat honoris causa pour Madame Albanese ? Un choix qui interroge*.
Lettre ouverte de Noémi Rubin à l’attention du recteur de l’Université d’Anvers et de son équipe
Noemi Rubin
Non classé
Bloc note
Cinq réflexions sur la guerre d’Iran
Bloc-notes d’Élie Barnavi
Elie Barnavi
Non classé
société schillo
L’esprit de résilience israélien à l’épreuve des bombes
En portant la guerre au cœur des villes en Israël pour y briser le front intérieur, le régime iranien fait(...)
Frédérique Schillo
Israël
Cinema
Jean Luchaire, pronazi par amour de la paix
Dans son dernier film, Les rayons et les ombres, Xavier Giannoli explore la France des collabos sous l’occupation nazie. Pour(...)
Véronique Lemberg
Culture, Mémoire
Visuel SITE UTICK 2025-2026 (15)
Peine de mort : une loi contre l’esprit d’Israël
Sous couvert de fermeté, des lois révèlent surtout une inquiétante régression morale. L’adoption par le Parlement israélien d’une loi instaurant(...)
Benjamin Beeckmans, Nicolas Zomersztajn
Israël
Visuel SITE UTICK 2025-2026 (13)
Pessah 5786 : Habiter notre liberté, pas notre peur.
Pessah est un temps de l’année où nous nous souvenons et pendant lequel nous devons sans cesse rappeler que cette(...)
Pierre Briand
Vie Juive