Après plus de deux ans de marches dominicales pour demander la libération des otages kidnappés le 7 octobre 2023 en Israël vers Gaza, un groupe participe aux manifestations pour soutenir le peuple iranien contre le régime des mollahs. Le propos, le matériel, les participants… tous les paramètres dont dépend la « réussite » des rassemblements des uns et des autres peuvent être étudiés, comparés, et s’inspirer mutuellement.
Ambiance et participants :
Juifs : large domination de la tendance belgo-ashkénaze incarnée en 100 personnes déprimées vêtues d’imperméables beiges ou de doudounes grises, sous une pluie diluvienne.
Perses : sous le soleil et le redoux pré-printaniers, plus de 1.000 personnes issues de la diaspora manifestent leur passion pour la justice, dont une moitié acquise à la cause de la rhinoplastie.
Matériel :
Juifs : portraits d’otages, banderoles, drapeaux-mais-surtout-pas-israéliens, mégaphone. Après un an et plusieurs extinctions de voix, on a fini par trouver le bouton pour diffuser quelques slogans préenregistrés.
Perses : haut-parleurs et sono de stars du rock, drapeaux historiques de l’Iran, pas de la république islamique, drapeaux américains, drapeaux israéliens, portraits de Khamenei en mode allume-cigare, portraits de Reza Pahlavi en mode “Martine” : en famille, à la plage, sur un trône, à cheval, en bateau…
Sécurité :
Juifs : entre la police locale et la sécurité communautaire, on se sent soigné, protégé, presque en famille ; à tel point que les interactions avec les passants que nous voudrions informer finissent interrompues comme si nos grand-mères trainaient dans les parages : « et ne va pas parler aux inconnus ! ».
Perses : galvanisés par l’atmosphère de fête, ils en oublieraient la présence d’espions du régime théocratique. Ils scrutent la foule pour identifier les « traîtres et suppôts de l’entité sioniste » -ou Petit Satan– et les signaleront aux autorités comme autant d’agents provocateurs à la solde des États-Unis – ou Grand Satan. Trouble-fête à contre-courant, ils ne scandent ni ne chantent, portent des masques comme du temps du Covid, indice de leur toxicité. Ils font le vide autour d’eux.
Propos et pertinence des slogans :
Juifs : « Libérez les otages maintenant ! » (simple, direct, cohérent), « Free Gaza… from Hamas » (ébauche de second degré pas toujours accessible au public non-initié), « Le 7 octobre en Israël, 1200 personnes ont été assassinées, 251 autres kidnappées, par les terroristes du Hamas et du Jihad palestinien… » : on abandonne le slogan pour le récit historique, personne n’entend la suite.
Perses : « Changement de régime pour l’Iran ! » (Ça neutraliserait une bonne partie de la triade islamisme-antisionisme-antisémitisme), intermèdes rythmés par les tambours et percussionnistes/top models aveuglants de beauté -personne n’écoute la suite. « À bas Khamenei ! » Oui, bien sûr, mais qu’est-ce qu’une révolution peut faire de plus que la gravité contre un monsieur de 86 ans ? Que le Mossad subtilise le tapis antidérapant de sa douche !





