Le 27 janvier 2026, jour anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, le CCLJ a consacré sa soirée de commémoration aux objets qui ont traversé les années jusqu’à nous, pour nous raconter leurs histoires.
Quel est le rôle des objets dans la transmission ?
Archives de survivants, médailles de Justes, pavés de mémoire, objets personnels ou encore caricatures antisémites : ces témoins matériels parfois modestes en apparence prolongent les voix qui s’éteignent. Ils rendent tangible ce qui pourrait devenir abstrait. En les confrontant à la rigueur de l’analyse historique, ils permettent d’enraciner la mémoire dans le réel, de toucher, d’interroger et de transmettre l’histoire collective de la catastrophe.
La propagande, outil de haine
La propagande antisémite n’est pas seulement un objet du passé. Elle nous montre comment les mots et les images peuvent préparer, justifier et banaliser la violence. Comprendre ces mécanismes, c’est aussi apprendre à les reconnaître aujourd’hui et à ce titre, les objets qui l’illustrent ont leur importance dans la préservation de cette mémoire.
Témoignage d’Arthur Langerman, enfant caché et collectionneur d’objet antisémites.
Les traces de la déportation
Il existe les traces matérielles laissées par la déportation elle-même. Des objets, des documents, parfois infimes, mais qui racontent l’arrachement, le parcours, la disparition, parfois le retour. Ces traces sont souvent tout ce qu’il reste. Elles nous rappellent que derrière chaque trajet, chaque convoi, chaque revenant, existaient des vies et des histoires singulières. Pourquoi et comment les générations suivantes s’empareront-elles de cette mémoire pour la faire vivre ?
Témoignage de Stella et Bernard Silberberg, enfants de Benjamin Silberberg survivant d’Auschwitz.
La mémoire dans l’espace public
Comment la mémoire de la Shoah s’inscrit dans l’espace que nous partageons au quotidien ? Monuments, pavés de mémoire, lieux de commémoration : ces traces visibles dans l’espace public interpellent les passants, parfois sans qu’ils en aient pleinement conscience. Elles posent une question simple mais essentielle : comment et pourquoi une société choisit-elle d’arborer les traces de son passé ?
Témoignage de Marcel Zalc, président de l’Association pour la Mémoire de la Shoah
Des êtres humains derrière les chiffres
Très souvent, la Shoah est évoquée à travers des chiffres : six millions de Juifs assassinés. Si le chiffrage est nécessaire pour mesurer l’ampleur des crimes nazis, il peut aussi paradoxalement éloigner de la réalité humaine de celui-ci. Les survivants eux-mêmes ont souvent œuvrés à redonner des visages, des noms, des trajectoires aux membres disparus de leur familles et communautés, à ce que les statistiques ne peuvent raconter seules. Leurs archives personnelles constituent des ressources précieuses pour appréhender le crime. Témoignage de Viviane Lipszstadt, fille de Marie Pinhas qui survécu à la déportation
Une mémoire partagée, universelle, autour de la mémoire des justes
Il nous semblait essentiel de nous intéresser à un symbole fort de la mémoire non-juive de la Shoah : celle des Justes parmi les Nations. La médaille des Justes est l’objet qui rappelle l’engagement de ces hommes et ces femmes qui, dans le plus grand danger, choisirent de sauver des Juifs persécutés. Elle incarne non seulement un courage exceptionnel, mais aussi une dimension universelle de la mémoire de la Shoah : la preuve que face à la barbarie, solidarité et humanité peuvent s’exprimer et traverser les frontières communautaires. Cette mémoire, portée par les Justes et leurs descendants, est un pont entre les communautés, un exemple d’héroïsme qui peut et doit continuer d’inspirer. Transmettre l’histoire de la Shoah, ce n’est pas seulement raconter les crimes et les victimes, mais c’est aussi donner des exemples et célébrer ceux qui ont résisté, aidé, sauvé. Témoignages de Cathy Devylder et Simonne Janssens, descendantes de Justes entre les Nations




