Pour comprendre quelque chose à la situation à Gaza et au conflit israélo-palestinien après les massacres du Hamas du 7 octobre 2023, le jeune journaliste du Nouvel Obs, Dimitri Krier eut l’idée de solliciter deux étudiantes, toutes deux en droit, habitant à dix kilomètres l’une de l’autre, l’une, Palestinienne de Gaza, l’autre, Israélienne de Sdérot, afin qu’elles échangent leurs sentiments, leur questionnement, voire leur incompréhension. L’idée d’une conversation (en anglais), sinon d’emblée amicale, du moins respectueuse et sincère, qui serait publiée sur le site de ce journal qui avait toujours été partisan de la paix. « Cette correspondance, écrit son instigateur, n’a pas pour but de soutenir un camp, mais de comprendre l’autre. » On lira non sans émotion cette correspondance unique, sans pareille, à la fois simple et intense, qui commence le 11 mars 2024 par une lettre de Tala la Palestinienne : « Michelle, que fais-tu pendant que mon peuple meurt sous les bombes ? Est-ce que ça te fait de la peine ? » Michelle, inévitablement, répond en évoquant le 7-Octobre. Sortie de son abri au bout de deux jours, elle a vu l’horreur de tous ces cadavres jonchant le sol. Elle interroge à son tour la jeune Palestinienne « As-tu entendu parler de ce qui s’est passé en Israël ce jour-là ? Qu’as-tu ressenti ? »

Chacune cherche de la compassion chez l’autre, et l’obtient. On se dit, nous lecteurs européens, que tout, malgré tout, n’est pas perdu. Il reste un mince espoir, ténu comme un fil. Cette correspondance exemplaire et inattendue nous le prouve.






