Sefer, tof ! La sélection de livres jeunesse : des pépites pour les fêtes

Michèle Baczynsky
Livres
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MARC LIZANO Momo, petit prince des Bleuets, BD d’après le roman de YAËL HASSAN (Editions Nathan). À partir de 9 ans.

Momo vit dans la Cité des Bleuets. En réalité, il n’y pousse aucun bleuet. L’été y est long et ennuyeux. Mais lorsque Momo passe pour la première fois la porte de la bibliothèque, c’est une révélation. Il se découvre une passion pour les livres qu’il va partager avec un vieil homme rencontré sur un banc public, monsieur Édouard, ancien instituteur à la retraite, tout aussi fou de lecture. De cette passion naîtra une belle amitié. Au cours d’un échange autour du Petit Prince de Saint-Exupéry, monsieur Édouard baptisera son jeune ami « Momo, petit prince des Bleuets ». Le livre de Yaël Hassan, publié en 1998, a été vendu à 350.000 exemplaires. Vingt-cinq ans plus tard, en 2023, il réapparaît en BD, adapté par Marc Lizano avec beaucoup de sensibilité et d’humour. L’émotion est au rendez-vous. Une BD pour les « Momo » en herbe.

ZAZIE TAVITIAN & CAROLINE PERON, À la recherche de Jeanne, roman graphique, (Editions Calmann-Lévy.). À partir de 15 ans.

Zazie Tavitian est journaliste culinaire. Jeanne Weill, son arrière-arrière-grand-mère est la « déportée » dont on ne parle jamais, morte au camp de Sobibor en 43, mais dont l’ombre plane sur toute sa descendance. Lorsque Zazie apprend l’existence d’un livre de recettes de Jeanne, elle décide de partir à la recherche de cette aïeule, une enquête qui la mènera dans sa famille, en Israël, et en France. Chaque rencontre est un prétexte pour cuisiner ensemble une recette de Jeanne, et en savoir davantage sur son parcours de vie et sa personnalité : « Je voulais cuisiner avec la famille et cuisiner la famille sur ses recettes. ». L’autrice revient aussi sur les années noires de la déportation des Juifs, en France avec, comme point culminant dramatique, ce document original de la lettre d’adieu de Jeanne à son mari et ses enfants, avant sa déportation sans retour. C’est poignant. La rencontre du récit de Zazie Tavitian avec l’univers graphique de la bédéiste Caroline Péron donne naissance à un roman graphique très intéressant, un outil précieux pour la transmission de la mémoire de la Shoah, à travers l’histoire de Jeanne, une femme gourmande qui croquait la vie à pleines dents.

JULIA BILLET & MAYALEN GOUST, Au nom de Catherine (Editions Rue de Sèvres). À partir de 15 ans.

L’histoire de La guerre de Catherine, Fauve d’Or à Angoulême en 2018, s’inspirait en partie de faits réels et des souvenirs de Tamo Cohen, la mère de Julia Billet. Les Éditions Rue de Sèvres viennent d’en sortir la suite, Au nom de Catherine, adaptée par l’autrice à partir de son roman éponyme et illustrée avec brio par Mayalen Goust.

En 1945, Catherine est devenue une jeune et belle femme. Elle comprend vite que ses parents ne reviendront pas de déportation. C’est désormais l’heure de la reconstruction grâce à la photographie que Catherine a découverte lorsqu’elle était enfant, cachée dans cette école singulière, la Maison de Sèvres fondée par Pingouin et Goéland (Roger et Simone Hagnauer). 

Après la guerre, sa vie est jalonnée de nouvelles rencontres amicales, amoureuses, professionnelles qui l’aident à s’affirmer en tant que femme, et à trouver sa place en tant que telle dans le monde du journalisme où les hommes y sont naturellement privilégiés. Enfin, ce sont aussi ces amitiés qui l’aident à se réconcilier avec ses origines juives et son nom originel : Rachel. Une histoire et des dessins superbes au service d’un féminisme joyeux qui fait aussi la part belle aux hommes. Goéland a été reconnue Juste parmi les Nations.

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