La gestion de la mémoire de la seconde guerre mondiale en Lettonie: des victimes peuvent-elles aussi être partiellement coupables?

Dans un contexte de mondialisation, pouvons-nous nous attendre à ce que la Shoah, composante fondamentale des consciences collectives en Europe occidentale, constitue également un élément intégrant de la mémoire des pays de l’Europe de l’Est ?

Alors qu’en Occident, la Shoah est un objet d’étude largement présent dans les recherches, la mémoire de la Shoah dans les républiques postsoviétiques ne fait pas écho en Belgique. Cette recherche s’intéresse à la Seconde Guerre mondiale par l’étude de cas de la mémoire de la Shoah en Lettonie et argumente que, derrière la gestion mémorielle, sont présentes de nombreuses problématiques qui démontrent la complexité de la relation que la Lettonie entretient avec sa propre histoire.

Une histoire nationale qui, pourtant, ne cesse d’avoir des effets sur le présent et l’avenir. Par la question de départ « Des victimes peuvent-elles aussi être partiellement coupables ? », ce travail a pour ambition de vérifier l’hypothèse qu’en Lettonie, la mémoire des répressions soviétiques occulte celle de la Shoah.

S’inscrivant dans le courant du constructivisme, la méthode consiste à analyser les musées lettons comme des institutions mémorielles traitant de la Seconde Guerre mondiale, afin de comprendre leur rôle dans la formation de la mémoire collective et de l’identité lettone. Dans cette perspective, il s’agit de faire la lumière sur les problématiques que rencontre la gestion de la mémoire de la Shoah en Lettonie.

L’analyse des résultats empiriques met en avant l’existence d’une relation étroite entre l’identité collective d’un groupe et sa capacité à s’associer à des évènements historiques. Il en résulte que le facteur déterminant, pour qu’un musée endosse effectivement le rôle d’institution de la mémoire, est la création d’un lien social parmi les visiteurs du musée.

Écrit par : Linda Bernere

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