Vœux Roch Hachana 5783

Shana Tova ! Le CCLJ, la communauté juive de Belgique et les chefs des partis politiques belges vous présentent leurs vœux.
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Ecrivons ensemble le livre de la Vie !

Benjamin Beeckmans, Président du CCLJ

Rosh Hashana approche et la tradition nous invite à se souhaiter d’être inscrits dans le Livre de la Vie. C’est bien évidemment ce que je souhaite de tout cœur, à chacun d’entre vous.

Mais la Vie est complexe…

On a craint encore de ne plus pouvoir entendre Salman Rushdie et on respire enfin, car un festival néonazi à Ypres a été annulé. On pleure devant les manœuvres indignes du gouvernement polonais pour minimiser leur passivité complice pendant la Shoah et on lit une fois de trop les réactions ambivalentes devant 1000 roquettes qui s’abattent sur Israël ou les commentaires fétides des mêmes qui décrivent Israël comme l’État d’apartheid qu’il n’est pas.

Tant de pages encore à inventer…

Au nom de toute l’équipe du CCLJ, pour cette année 5783 et à notre manière, j’aimerais vous inviter à écrire à nos côtés, une page de ce Livre. Une page qui trouverait les mots et les actes pour s’engager vers plus de solidarité,

qui s’indignerait et se révolterait quand c’est malheureusement nécessaire, qui célèbrerait aussi les richesses de nos traditions et donnerait l’envie de les transmettre à son tour.

Comment faire pour devenir co-auteur de cette page et ainsi être un des acteurs de la vie juive bruxelloise ?

C’est tellement simple : venez au CCLJ et participez à une de nos activités en ligne ou en présentiel, à nos conférences, à nos cours d’hébreu, à nos cercles de lecture ou à nos ateliers-débats. Lisez Regards, commentez et partagez nos post ou nos podcasts. Levons nos verres ensemble à nos fêtes et pour cela, venez discuter, manger, rire à nos côtés… pour retrouver le goût de la Vie, nous rassembler autour de projets ambitieux et, ensemble, faire face aux défis d’un monde qui semble parfois si hostile. Aidez-nous à construire le judaïsme de demain !

Car oui, d’autres défis viendront, et au CCLJ, nous nous mobiliserons pour y répondre, debout et solidaires. Ces derniers mois, pour ne citer que quelques exemples, nous avons brisé la solitude des plus isolés en distribuant les Box de Pessah, nous avons organisé un concert exceptionnel avec des virtuoses ukrainiens réfugiés en Belgique, nous avons réussi à faire déplacer l’infâme monument en souvenir des SS à Zedelgem et nous sommes allé lutter pied à pied contre l’antisémitisme au Parlement bruxellois. Nous avons continué à œuvrer dans les écoles avec le projet La Haine, Je Dis Non pour semer les indispensables graines du vivre ensemble. Nous avons célébré des mariages et des bar et bat mitzvot par dizaines et nous avons envoyé une centaine de jeunes en mahane en France et en Israël pour leur permettre de construire leur identité juive. Enfin, nous organisons en octobre un voyage à Auschwitz afin que le souvenir de la Shoah se perpétue, à l’heure où nous pleurons encore la disparition d’Andrée Gueulen, d’Henri Kichka et de tant d’autres.

L’an prochain, soyez-en sûrs, nous continuerons notre engagement auprès de la jeunesse. Un engagement pour plus de laïcité dans la société, un engagement pour une vie juive bruxelloise riche, fière de ses racines et ouverte vers le monde dans toute sa diversité… tels sont nos enjeux de demain.

Et quand je dis « nous », c’est de vous que je parle. La liste des pages que nous pourrions écrire ensemble est longue et nos réseaux sociaux vous tiendront informés de tout ce qui se passe, chaque jour, au 52 rue de l’Hôtel des Monnaies.

Venez au CCLJ ! Vous avez au moins 5783 bonnes raisons de le faire !

Mais surtout, soyez inscrits dans le livre de la Vie !

Shana Tova !

Vœux communautaires

Yohan Benizri Président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB)

Ces derniers vœux que je vous adresse en qualité de président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique m’évoquent un enseignement qui ne m’a jamais quitté.

La fête de Rosh Hashana est généralement vécue comme un événement joyeux. Pourtant cette fête est qualifiée d’austère car elle ouvre les 10 jours de pénitence qui s’achèveront avec Yom Kippour. On peut légitimement s’interroger : pourquoi ne passe-t-on pas Rosh Hashana comme l’on passe Yom Kippour, en faisant le bilan de nos actions sur l’année écoulée ? La réponse à cette question est assurément l’un des secrets de la pérennité de notre communauté et de sa résilience. 

A Rosh Hashana, on se souhaite une bonne année à venir, et les rites et symboles qui sont associées à la fête sont tous tournés vers l’avenir : que les mauvais décrets soient annulés, que nos adversaires voient leurs plans contrariés, que nos bonnes actions se multiplient et que l’année nous soit douce et sucrée.

Il ne s’agit pas, à Rosh Hashana, de faire le compte de ce qui s’est passé, en bien ou en mal, dans le passé. On ne commence pas l’année par un bilan, mais par des projets. Ce n’est pas le moment des décomptes, mais des promesses. Ce n’est pas le moment des regrets ou des peurs, il s’agit plutôt de créer. Alors, que dire de demain ?

 Demain, notre communauté pourrait être encore plus unie et plus forte pour faire face aux défis internes et externes auxquels elle sera assurément exposée. Nos instances communautaires pourraient être revigorées et modernisées dans un souci de transparence, de responsabilité et d’efficacité. 

Demain, nos enfants pourraient bénéficier d’un enseignement et d’activités plus riches et plus variées pour déployer davantage leurs ailes tout en bénéficiant de racines solidement ancrées.

Demain, toutes nos institutions et organisations pourraient travailler main dans la main à la réalisation d’objectifs communs, qu’il s’agisse de social, de culture, de vie religieuse ou d’éducation. 

Demain, notre communauté pourrait s’inspirer de ce qui se fait de meilleur, et ne jamais perdre l’ambition de faire mieux encore.

A trop se poser la question de ce à quoi devrait ressembler le monde aujourd’hui, et de ce qu’il n’a pas été hier, on en oublie parfois ce qu’il pourrait être demain. Ne l’oublions pas. Et travaillons ensemble à ce futur communautaire radieux. 

Shana Tova.

Philippe Markiewicz
Président du Consistoire Central Israélite de Belgique

Il est clair que la pandémie a eu de lourdes conséquences sur l’activité communautaire dans sa globalité. Une reprise se profile cependant depuis quelques mois mais nous sommes encore loin du dynamisme du passé. 

Plus grave, depuis le début 2022, le nombre d’actes d’antisémitisme avec violence augmente fortement à Anvers. C’est inadmissible dans une société démocratique. Le Bourgmestre d’Anvers et au-delà le gouvernement fédéral, en particulier la ministre de l’Intérieur, se doivent de montrer leur détermination à lutter contre cette situation en fournissant des moyens adéquats.

Ceci étant, la Shehita a été sauvegardée à Bruxelles après un long combat. Evidemment, le bien-être animal est fondamental pour les juifs. Il doit donc être clairement défendu mais pas en ciblant abusivement deux communautés, la musulmane et la juive. 

Pour conclure, il y a lieu de souligner que même si notre Communauté est unie pour l’essentiel, il faut admettre qu’il existe des approches différentes face à certaines problématiques. Une telle situation est parfaitement normale. Le respect de l’autre doit cependant toujours exister car il constitue la base essentielle d’un dialogue constructif.

Au nom du Consistoire Central Israélite de Belgique, je vous adresse à tous des vœux de bonne année et de bonne santé. Essayons tous d’être heureux avec ceux qui nous sont chers.

Idit Rosenzweig Abu
Ambassadeur désigné d’Israël

Il y a 16 ans, lorsque j’étais en poste à Singapour, j’ai entendu le rabbin de Singapour raconter une histoire sur Rosh Hashana dont je me souviens encore aujourd’hui. C’est l’histoire d’un homme qui quitta sa ville natale pour marcher jusqu’à la grande ville, mais arrivé au croisement de la route, il se rendit compte qu’une tempête avait renversé le poteau indicateur avec les flèches indiquant quelle route mène où. Pendant une minute, il fut confus mais ensuite il réalisa qu’il savait d’où il venait, donc s’il prenait le panneau et pointait la flèche indiquant sa ville natale dans la bonne direction, il connaîtrait les directions vers toutes les autres destinations. La morale est que si vous savez d’où vous venez, vous saurez toujours vers où vous allez, et aucune tempête ne pourra vous détourner.

Rosh Hashana, le Nouvel An juif, est un moment où nous nous demandons où nous allons, à quoi nous voudrions que notre avenir ressemble, surtout après trois ans de tempête majeure, à la fois dans le monde et dans nos vies personnelles, la pandémie du Covid.

En ces jours d’expiation et de décisions, je crois que la flèche nécessaire pour nous aider à mieux choisir la voie à suivre, celle qui nous rappelle d’où nous venons, c’est la communauté. L’importance de la communauté.

Le Covid a clairement indiqué que lorsque les gouvernements échouent, lorsque les institutions sont en difficulté, on s’appuie sur sa communauté, sa famille, ses voisins, ses amis, parfois même des étrangers. Les communautés se forment lorsque les gens s’en soucient. Les communautés ont joué un rôle essentiel dans la lutte contre la pandémie. Notre chemin pour l’avenir doit inclure le développement de nos communautés, la communauté juive avec toutes ses composantes, le lien entre Israël et les communautés de la diaspora, se rassembler non seulement pour combattre les menaces communes mais aussi pour avancer, soutenir, grandir et célébrer.

Même à plus grande échelle, au niveau global, le monde doit investir dans la communauté mondiale. L’économie post-Covid, la récession mondiale qui se profile et le changement climatique poseront des défis qui ne seront pas gérables uniquement sur une base nationale. Le taux de croissance actuel d’Israël est toujours impressionnant, mais il cherche toujours à étendre ses liens internationaux pour construire des ponts de coopération car il sait qu’aucun pays ne peut faire face seul à l’avenir.

Je suis retournée en Belgique, en août dernier, pour assumer le poste d’ambassadeur après avoir servi 5 ans à Bruxelles en tant que diplomate à la fois à l’Ambassade auprès de la Belgique et dans la Mission auprès de l’UE. Pour moi et ma famille, c’est un retour à notre deuxième maison. Je suis ravie de mettre en œuvre mes stratégies et mes plans pour l’amélioration des relations bilatérales et le renforcement de nos relations communautaires. J’espère que d’ici le prochain Rosh Hashana, je serais en mesure de dédier ces mots annuels aux réalisations de l’Ambassade.

Je vous souhaite à tous une douce nouvelle année, que votre table de fête soit toujours remplie avec votre famille et vos amis, que vous restiez tard à parler et à rire et que vous rameniez à la maison des enfants endormis. Que cette année ne nous apporte à tous que du bien, à Israël, à la Belgique, à nos communautés, à chacun d’entre vous. Shana Tova ve Gmar Hatima Tova!

Eli Ringer
Président de la Fondation du Judaïsme de Belgique

Chères lectrices, chers lecteurs de Regards,

Ketiva va‘hatima tova !

Malgré la conjoncture actuelle, la situation chaotique sur les marchés financiers qui affecte ses revenus et limite ses moyens financiers disponibles, la Fondation du Judaïsme de Belgique fait tout son possible afin d’aider ses allocataires et les demandeurs de subsides pour leurs projets culturels et cultuels essentiels à la vie de notre communauté.

En outre, la Fondation du judaïsme de Belgique a souhaité faire un effort pour venir en aide à nos réfugiés ukrainiens et à nos services sociaux assurant la tzedaka, sollicités par de plus en plus de personnes en difficulté face à l’augmentation des tarifs énergétiques.

Par ailleurs, espérant accomplir sa difficile mission avec toujours autant de dévouement, de dynamisme et de sérénité, la FJB projette des grands changements dans le conseil d’administration.

Au nom de la FJB, je vous souhaite une bonne santé dans un monde en paix. Que l’année 5783 vous soit douce !Que vos projets se réalisent!

Vœux politiques

Paul Magnette,
Président du Parti socialiste

C’est dans un climat hélas chargé de tensions et de malheurs, guerre en Ukraine oblige, que se préparent en ce moment les festivités de Rosh Hashana. Cette occasion est propice à rappeler les principes de respect, de tolérance et de paix qui devraient toujours guider les êtres humains et leurs dirigeants politiques. Une fête de Nouvel An ne mettra jamais fin à une guerre, mais l’addition des messages de solidarité et de fraternité peut contribuer à la prise de conscience et peut-être, qui sait, aider à faire taire les armes un jour. C’est évidemment tout ce que je souhaite pour nos amis ukrainiens, tout particulièrement, dans cette période si difficile. 

Aux Juifs de de notre pays et du monde, j’adresse mes vœux les plus chaleureux et leur transmets l’expression de toute ma sympathie. Puissent ces retrouvailles familiales et ces moments de fête apporter beaucoup de joie dans les cœurs et les foyers. Une telle pause est précieuse et permet de se ressourcer agréablement avec ses proches. Que nul ne s’en prive, et que cette nouvelle année soit généreuse pour chacun ! 

Georges-Louis Bouchez ,
Président du Mouvement réformateur

Chers amis,

C’est avec beaucoup de plaisir que je vous adresse mes vœux les plus sincères de bonheur, de prospérité et de santé à l’occasion de Rosh Hashana 5783 et de cette nouvelle année qui commence !

Cette année, comme les précédentes, reste particulière : les suites du covid dans le monde mais aussi une guerre aux portes de l’Europe et ses conséquences pour notre pays : la solidarité avec les Ukrainiens, la crise de l’énergie ou l’impact sur le pouvoir d’achat. A chacune de ses crises, l’Europe s’est montrée unie, forte et renforcée sur ses valeurs universelles.

En tant que libéraux, nous avons à cœur l’émergence d’une société tolérante, riche de ses différences et ouverte sur le monde.  Chaque individu a droit au respect de son intégrité et au respect de ses convictions si ces dernières correspondent au cadre de la loi.

Malheureusement en 2022 en Belgique comme ailleurs en Europe, l’antisémitisme connait un regain. Souvent, l’antisémitisme s’exprime maintenant sous le couvert de l’antisionisme. Lutter contre de tels comportements inadmissibles doit être une priorité. Nous continuerons par exemple à refuser l’importation du conflit sur notre territoire. L’antisémitisme est un déshonneur pour notre pays et nous devons le combattre sans répit. Enfin, la protection des institutions juives sur le sol belge doit être garantie.

La situation au Proche-Orient reste compliquée.  Je formule le souhait pour cette nouvelle année, qu’Israéliens et Palestiniens trouvent enfin le chemin du dialogue et aboutissent à une paix durable à l’intérieur de frontières sûres et reconnues.

Que cette année vous soit douce et sucrée. Hag Sameah ! Shana Tova !  

François De Smet,
Président de DéFI

Une nouvelle année est sur le point de commencer ! Je souhaite à chacun et chacune d’entre vous qu’elle soit heureuse et douce. Surtout, que vous puissiez envisager cette nouvelle année, comme nous le faisons chez DéFI, avec la certitude que nous avons toutes et tous une place et un rôle à jouer dans le monde qui se construit. Que nous formons toutes et tous, ensemble, une communauté humaine riche de ses différences.

La montée de certains partis populistes et extrémistes nous montre à quel point le respect de chacun et de chacune, quelles que soient ses différences ou ses convictions, doit encore et toujours être défendu. Inlassablement. Indéfectiblement. C’est pour cette raison que DéFi continuera, cette année encore, à prôner la laïcité politique comme le cadre nécessaire pour une vie en société harmonieuse et juste.

Tout comme nous continuerons à combattre le racisme et l’antisémitisme. Inlassablement. Indéfectiblement. Car si les années passent, nos convictions et nos valeurs restent.

Shana tova

Rajae Maouane et Jean-Marc Nollet,
Coprésidents Ecolo

Les Juifs de Belgique et du monde entier sont entrés dans la nouvelle année. Ce moment important est celui du recueillement et de la réconciliation. C’est aussi une fête de partage et de joie.

Plus que jamais, nous devons rester mobilisés pour lutter contre l’antisémitisme, pour refuser et condamner les paroles, les gestes et les actes qui viendraient remettre en cause le droit des Juifs à être eux-mêmes, vivre en paix et en sécurité, croire et pratiquer leur religion ou ne pas croire.

Dans les îles des Antilles, face à la violence de ouragans, les lianes s’attachent entres elles, ainsi qu’aux arbres, pour se défendre. C’est une belle image d’union, qui nous inspire en tant qu’écologistes. Elle pourrait également résonner en vous.

Dans nos sociétés fatiguées, face aux populistes, aux démagogues et aux conservateurs, ne devrions-nous pas nous unir pour résister ? Il ne faut pas forcer nos petites différences, ni minimiser nos convergences. C’est l’inverse qu’il s’agit de faire : nous rassembler, nous « lianer ». A la clé inclusion, tolérance, espoir et solutions.

Que cette nouvelle année soit tissée de liens nouveaux et multiples. Dans la foi, dans l’engagement, dans l’action au quotidien, rapprochons-nous de l’autre et construisons ensemble de nouvelles formes de solidarité.

Au nom d’Ecolo, nous adressons un chaleureux Shana Tova ! à l’ensemble de nos concitoyens de confession juive.

Maxime Prévot,
Président des Engagés

C’est une première ! Comme président du nouveau mouvement politique Les Engagés je vous souhaite Shana Tova ! Au nom de tous ses membres : Metouka à toute la communauté juive de Belgique. Nous sommes donc heureux de partager ce Rosh Hashana avec vous.

Notre mouvement a écrit en lettres d’or dans son Manifeste la volonté d’une société régénérée, la volonté d’incarner un projet où « la vie en commun est porteuse de sens, où l’altérité et le changement, loin d’être des menaces, sont envisagés comme des richesses et de beaux défis » et « nous voulons proposer une alternative citoyenne aux discours réducteurs et simplistes, privilégiant le bien-être à celle des biens ».

 Qu’importe nos obédiences, je suis convaincu que c’est ensemble, avec vous, que nous réussirons à vaincre les obscurantismes qui gangrènent nos démocraties, qui montent les personnes les unes contre les autres.

Du fond du cœur et de l’âme, Shana Tova !

Pierre-Yves Jeholet,
Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Présenter des vœux de nouvel an à la communauté juive de Belgique pourrait être un acte de simple politesse marquant le respect d’un gouvernement, celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, à l’égard des milliers d’hommes et de femmes de confession juive qui composent une part significative de la population belge. Mais il n’en va pas ainsi. Comme si les vœux de paix, de bonheur, de prospérité demeuraient toujours porteurs d’une inquiétude : la politesse, ou si l’on préfère l’appeler autrement, la diplomatie, ont ici bien peu à voir. Formuler des vœux garde sa pleine et entière signification, tant l’Histoire a imposé à la communauté juive des années de douleurs et de de désespoirs. Y compris, si je m’en tiens à la Francophonie, en Belgique durant l’occupation nazie ou en France avec – par exemple – la rafle du Vel’ d’Hiv’ de juillet 1942, il y a 80 ans. Il n’est malheureusement pas nécessaire de rappeler les crimes commis dans le reste de l’Europe.

Tout ceci pourrait, devrait, appartenir au passé. Mais ce n’est pas le cas, pour deux raisons. La première est liée à l’incapacité qui est toujours nôtre de comprendre, de formuler une explication de ce qu’a été l’entreprise d’extermination mise en œuvre par le régime nazi. Comment faire tenir ensemble l’horreur et l’intelligence ? La seconde raison tient à l’actualité : je suis effrayé d’apprendre qu’un parti représenté au parlement fédéral propose le retour au purisme racial de sinistre mémoire.

Aussi, puis-je vous assurer que tout acte, tout propos, toute discrimination à l’encontre des membres de la communauté juive de Belgique, retient l’attention de la Fédération Wallonie-Bruxelles à travers l’ensemble des outils dont elle dispose : l’école, l’enseignement de l’histoire, le travail de mémoire, la création artistique et littéraire. Je tiens à confirmer la constante attention de mon gouvernement afin que nos concitoyens d’origine juive puissent vivre en toute liberté et en toute sécurité.

 

Je souhaite à l’ensemble de la Communauté juive, et à chacune et chacun de mes compatriotes juifs, une excellente nouvelle année !

Bénédicte Linard,
Vice-Présidente et ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Je vous adresse à chacune et chacun mes meilleurs vœux à l’entame de cette nouvelle année.

Les défis qui sont devant nous sont nombreux et il nous revient à toutes et tous de nous mobiliser pour les relever. Je songe bien sûr au dérèglement climatique, dont nous voyons et ressentons de plus en plus les effets partout dans le monde, mais aussi aux liens qu’il s’agit de (re)nouer au sein de notre société pour la rendre plus équitable et plus résiliente afin que chacun et chacune s’y sente à sa place.

Les défis, les difficultés et les crises sont aussi des moments où la solidarité prend souvent le pas. Et c’est précieux. Les mobilisations et les forces collectives fondent notre humanité et sont en outre essentielles pour rester vigilants face aux menaces qui pèsent sur nos démocraties. Plus que jamais, l’ouverture à l’autre et le respect doivent guider nos actions au quotidien.

Dans un monde incertain, c’est ensemble que nous pourrons créer une société plus juste et plus durable.

Je vous souhaite le meilleur pour cette année 5783 !

Shana Tova à toutes et à tous !

Rachid Madrane,
Président du Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale

En ce début d’année 5783, j’adresse tous mes vœux de bonheur, de santé et de paix à la communauté juive de Bruxelles, de Belgique et d’ailleurs.

Je vous souhaite de la douceur et une bonne énergie. Nous en avons bien besoin, pour pouvoir apporter des réponses aux crises qui nous malmènent : crise sanitaire, sociale, économique, crise climatique, crise de la démocratie… Et, avec les crises, les idées d’extrême-droite s’affichent à nouveau, les nationalismes et les populismes prospèrent, les discours racistes et antisémites se répandent.

Le monde est inquiétant, mais nous ne baissons pas les bras. Le début d’une nouvelle année rappelle qu’on peut espérer un nouveau départ. Nous pouvons tous contribuer à changer le monde et bâtir un avenir meilleur.

Bruxelles est une petite ville-monde, formidablement riche de sa diversité. Ce n’est pas toujours facile de vivre ensemble, encore moins de faire ensemble, mais les Bruxellois ne s’en sortent pas si mal.

Le Parlement bruxellois a d’ailleurs pu compter sur la contribution de la communauté juive et du CCLJ pour faire avancer la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, comme pour débattre de questions qui touchent de très près au vivre ensemble.

Je souhaite que, cette année encore, nous puissions œuvrer tous ensemble à faire avancer le progrès, la solidarité et la fraternité, pour continuer à faire de Bruxelles une ville-Région où chacun peut s’épanouir et construire un avenir à ses enfants, en toute sécurité.

J’espère aussi que cette année permette de réels progrès sur le chemin de la paix pour le peuple israélien, pour le peuple palestinien et pour tous leurs voisins.

Bonne et douce année à toutes et tous !

Barbara Trachte,
Ministre-Présidente de la COCOF

En cette année nouvelle, c’est un honneur et un plaisir pour moi de vous souhaiter une heureuse fête de Rosh Hashana. C’est aussi l’occasion d’un regard sur l’année écoulée. Comment ainsi ne pas évoquer le décès, en mai dernier, d’Andrée Geulen-Herscovici à l’âge de 100 ans. Cette grande dame qui n’a cessé de défendre toutes les causes justes et qui a contribué au sauvetage de centaines d’enfants juifs de Belgique est pour moi le symbole des valeurs qui doivent guider nos actions. En cette nouvelle année, à l’heure où la guerre est aux portes de l’Europe, j’ai une pensée pour elle et pour ses proches. En sa mémoire, je souhaite plus que jamais que nous œuvrions, toutes et tous ensemble, à construire un monde plus humain, plus juste et plus solidaire. Ce monde de demain, celui de nos enfants, cet avenir désirable que nous souhaitons, dépend aussi de notre capacité à agir individuellement et collectivement pour lutter contre le dérèglement climatique. Tous ensemble, et avec le formidable lieu d’engagement qu’est le CCLJ, faisons de ces défis, des opportunités de vivre ensemble.

Mes meilleurs vœux pour une belle et douce année 5783 !

Shana tova oumetouka !

Philippe Close,
Bourgmestre de la Ville Bruxelles

A la tête de l’année 5783, je présente aux lecteurs et à la rédaction de Regards mes vœux chaleureux de paix et de bonheur.

Lucides et solidaires, exigeants et espiègles, critiques et avertis sont les regards que porte chaque mois sur l’actualité la revue du Centre communautaire laïc juif.

Ces regards citoyens nous sont précieux. Et c’est une joie pour moi de le souligner à l’occasion de Roch Hachana.

Car ils reflètent en même temps la vitalité de la communauté juive bruxelloise, la pluralité des opinions qui l’anime et surtout son inlassable volonté du dialogue.  Ces regards participent, ce faisant, à la multiculturalité qui caractérise aujourd’hui la population à Bruxelles.

Se connaître pour se reconnaître. Cela résume d’après moi la noble ambition, constamment et scrupuleusement satisfaite, de Regards.

« La paix est l’unité de la pluralité » nous rappelle opportunément Emmanuel Levinas.

En ce commencement d’une année nouvelle qui vient au milieu de temps incertains, j’ajouterai que seule la paix peut tenir la promesse de corriger le monde et d’en goûter les douceurs.

Shana tova oumtouka à tous mes concitoyens juifs !

Charles Picqué,
Ancien bourgmestre de Saint-Gilles

Comme chaque année je tiens à vous adresser mes vœux les plus chaleureux à l’occasion du Nouvel An.  Qu’elle soit une réussite pour tous d’un point de vue privé ou professionnel.

Ces dates marquent l’année et, quelle que soit la culture ou les croyances de chacun, elles permettent de faire le point. De mesurer le chemin parcouru comme les projets qu’on souhaite réaliser.

Si notre époque est souvent vue comme menacée par divers périls, il est important que chacune et chacun d’entre nous, au quotidien, garde une vigilance démocratique et une solidarité indispensable. C’est bien là ce que pratique au jour le jour le Centre communautaire laïc juif au travers de ses activités, rencontres, débats. Sa place dans la vie culturelle bruxelloise n’est plus à souligner. Je ne doute pas que l’année nouvelle apportera son lot de belles surprises dans ses activités.

Bonne année !

Véronique De Keyser,
Présidente du Centre d’Action laïque

Guerre en Ukraine, pandémie, fragilisation de l’Etat de droit, violence, polarisation des sociétés… Le contexte pousse à la résignation. Or, l’heure est à la mobilisation. C’est le rôle de la société civile et de ses multiples acteurs démocratiquement engagés. C’est tout particulièrement celui du mouvement laïque, dont le CCLJ fait partie, qui ne peut rester indifférent. Les défis auxquels nous sommes collectivement confrontés nous obligent.

Plus que jamais bâtir des ponts, lancer le dialogue, débattre, analyser, proposer. Et se souvenir que notre commune humanité est le fondement de la société libre, solidaire et fraternelle à laquelle nous nous devons d’œuvrer.

Cette année le mouvement laïque tiendra les 7 et 8 octobre à Wavre une grande convention qui pose une question simple mais essentielle : comment (re)faire société ? Toutes et tous sont les bienvenus pour apporter leurs propositions de réponse et s’accorder sur les combats prioritaires de la Laïcité.

Ensemble agissons.

Au nom du Centre d’Action Laïque, je souhaite à celles et ceux qui célèbrent Rosh Hashana une belle année de mobilisation. 

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