L’Humeur – Islamogauchistes, islamofascistes même complexe !

Joel Kotek
Certains de mes amis me reprochent de n’asséner des critiques qu’à la seule Flandre. Et les francophones, me disent-ils, ont-ils réellement un rapport différent au peuple juif, à la Shoah, à Israël ? Oui et non.
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Si le poids d’Auschwitz apparaît moins prégnant qu’en Flandre, nul n’oserait nier qu’à Bruxelles et en Wallonie de nombreux Belges s’engagèrent aux côtés de l’Allemagne. Tous les Belges ont une relation complexe, sinon tourmentée, à la Shoah et ce, sans oublier un habitus antijuif hérité du catholicisme. Il n’est dès lors pas étonnant qu’au Sud de notre pays se soient également mises en place des stratégies d’évitement et/ou de rejet de culpabilité. Tout comme en Flandre, banalisation de la Shoah et nazification d’Israël vont de pair et ce, dans des expressions propres à l’islamogauchisme comme à islamofascisme ; deux courants apparemment opposés, mais qui se réunissent, en fer à cheval, dans une commune haine de l’Etat d’Israël.

Deux figures pour le démontrer ; d’abord celle de l’écrivain Anatole Atlas, celle ensuite de l’avocat Sébastien Courtoy. S’agissant du premier que la Maison de la poésie présente comme l’une des figures majeures des lettres francophones, le moins qu’on puisse dire est que sa logorrhée, aux teintes islamogauchistes, évoque davantage Céline qu’Albert Camus. M. Atlas qui se présente volontiers comme une énième victime du système (américano-sioniste), d’où un exil assumé au Maroc, est l’exemple type de ces intellectuels tout à la dénonciation du « kapitotal des Rothschild ». A l’en croire, « Washington, Jérusalem et Riyad sont les capitales mondiales du crime organisé (…) {du} complot tramé par cette chimère tricéphale pour enterrer le peuple palestinien sous une chape de béton barbelé… » A l’en croire encore, « la littérature française serait passée de Balzac à SHALOM (Sollers, Houellebecq, Attali, Lévy, Onfray, Minc) ». Son opposition tenace, lancinante, passionnelle à ces sionistes (!?!) qui colonisent la France serait-elle dictée par des considérations éthiques ? Peut-être ? Sauf que cette haine obsidionale paraît s’éclairer bien davantage à l’aune des concepts de « rejet de culpabilité », de « projection agressive » ou encore de « haine de soi ». Outre d’être issu de la bonne bourgeoisie colonialiste belge (il est natif du Congo belge), Anatole Atlas, de son vrai nom Jean-Louis Lippert, n’est autre que le neveu du SS-Sturmbannführer Lucien Lippert, commandant de la Légion Wallonie, victime des judéo-bolchéviques quelque part en Ukraine. Haine de soi oblige, quoi de plus revigorant que de pouvoir taxer l’État des Juifs, de nazi et de colonialiste !

Si le complexe de culpabilité lié tour à tour à la Shoah et au colonialisme européen éclaire l’hostilité d’Israël de bon nombre d’islamogauchistes francophones, ce mécanisme de rejet de culpabilité joue bien davantage encore s’agissant des islamofascistes. En témoigne l’itinéraire sulfureux de cet autre enfant de la haute bourgeoisie catholique wallonne qu’est « Maître » Sébastien Courtoy. Lui aussi ne s’est jamais privé de prendre la question palestinienne à témoin pour mieux vomir sa haine à l’égard de cette « communauté d’intouchables ». Je le cite « Une partie de la communauté juive se sert des cadavres du génocide juif pour légitimer les cadavres palestiniens ».

Je vous évoque le cas de Me Courtois dans la mesure où il a été l’objet d’un portrait dithyrambique, mieux hagiographique, dans La Dernière Heure (DH) du 15 octobre dernier. Sur près de deux pages, Nawal Bensalem, sa rédactrice en chef adjointe, nous dévoile le portrait d’un avocat apparemment d’exception, mi Don Quichotte, mi-Robin des bois. On chercherait en vain dans cette interview la moindre référence aux ignominies et débordements racistes d’un homme qui fut et reste le défenseur attitré de tout ce que la Belgique compte d’antisémites islamistes et/ou d’extrême droite. Comme le précisa fort à propos Le Monde : « l’antisémitisme semble être le dénominateur commun de la partie la plus visible de la clientèle de l’avocat ». Aussi n’est-ce pas fortuit qu’il reçût des mains de Dieudonné M’Bala M’Bala, dont il fut avec l’islamofasciste Laquay et l’islamogauchiste Jean-Marie Dermagne, l’un des conseils en Belgique, la fameuse « quenelle d’or », l’équivalent antisémite des Oscars, attribuée notamment au négationniste Robert Faurisson ou encore au polémiste national-socialiste Alain Soral.

Soulignons, à toutes fins utiles, que celui qui fut l’avocat du tueur du Musée juif de Belgique, Medhi Nemmouche, avait sidéré ses collègues comme la presse francophone par l’abyssale médiocrité et les accents complotistes de sa plaidoirie. Le Nouvel Obs évoqua une « plaidoirie grotesque », « un abyme d’abjections » ; Le Monde, une « plaidoirie aux accents complotistes (…) une extravagance de mauvais aloi » ; Le Soir, des « audaces malodorantes ». Étonnement, rien de tout cela ne transparaît de cet entretien qualifié pourtant de « sans tabou ». Comment ne pas sourire (jaune) à cet effet de manche si l’on songe aux questions totalement godiches posées par l’intervieweuse. Ainsi : « Vous êtes réputé pour vos plaidoiries, admirées par vos confrères. Comment les préparez-vous ? ». Tout le reste de l’entretien est à l’avenant. Question : « Vous êtes proche de vos clients ? » La réponse de l’ancien élève des Jésuites apparaît des plus pittoresques : « Il y a de véritables amitiés qui se lient que je n’aurais pourtant jamais imaginées. J’ai pleuré quand Raphaël Gendron [djihadiste belge combattant en Syrie] est mort (…) J’ai une affection particulière pour Mehdi Nemmouche (…) Je l’ai encore eu au téléphone hier. (…) C’est un garçon très doux, très humain et hypercultivé malgré sa condamnation lourde ». On s’attendrait à une réaction choc de l’intervieweuse. Que nenni ! Incompétence ? Complaisance ? Complicité ? Paresse intellectuelle ? A vous de juger.

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