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L’Union des déportés juifs en Belgique – filles et fils de la déportation rend hommage lors d’une cérémonie et ce depuis 68 ans aux personnes déportées depuis la Kazerne Dossin devant le mémorial situé dans l’ancienne caserne.
Chaque année, la Caserne Dossin devient un lieu de silence, de mémoire et de transmission. À Malines, entre Bruxelles et Anvers, là même où des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants furent enfermés avant d’être déportés vers Auschwitz-Birkenau, la Belgique se rassemble pour rendre hommage aux victimes de la Shoah et à ceux qui ont refusé de céder à la barbarie.
Cette cérémonie annuelle ne commémore pas seulement une tragédie historique. Elle redonne une présence à ceux dont les noms, les visages et les vies furent brutalement arrachés. Entre 1942 et 1944, plus de 25 000 Juifs ainsi que des centaines de Roms et Sintés furent déportés depuis la Caserne Dossin. Beaucoup étaient des enfants. Très peu revinrent. Derrière chaque convoi, il y avait une famille brisée, une enfance interrompue, une voix réduite au silence.
Mais la commémoration est aussi un hommage au courage. Au cœur de l’occupation nazie, des femmes et des hommes choisirent de résister. Des résistants belges, des réseaux clandestins, des citoyens anonymes, des religieux, des enseignants et des familles entières risquèrent leur propre vie pour cacher des enfants juifs, falsifier des papiers, organiser des filières d’évasion ou transmettre des informations. Leur engagement sauva des milliers de vies et demeure aujourd’hui l’une des plus grandes leçons d’humanité face à la haine.
La mémoire de la Caserne Dossin porte également le souvenir d’actes de résistance devenus symboliques, comme l’attaque du XXe convoi en avril 1943, lorsque des résistants stoppèrent un train de déportation parti de Malines vers Auschwitz, permettant à plusieurs déportés de s’échapper. Cet acte unique dans l’histoire de la déportation en Europe rappelle que même dans les heures les plus sombres, certains ont refusé l’indifférence.
Aujourd’hui encore, survivants, familles, responsables publics et citoyens mais surtout la jeunesse juive de Belgique représentée par les mouvements de jeunesse, se réunissent lors de cette cérémonie pour transmettre une mémoire vivante. Les lectures de noms, les témoignages, les chants et les moments de silence rappellent que la Shoah ne doit jamais devenir une abstraction historique. La Caserne Dossin est un avertissement autant qu’un lieu de recueillement : elle nous rappelle jusqu’où peuvent mener l’antisémitisme, le racisme et la déshumanisation lorsque les démocraties cessent de protéger l’humain.
Commémorer, ici, c’est refuser l’oubli. C’est faire vivre la mémoire des victimes, honorer le courage des résistants et transmettre aux générations futures une responsabilité essentielle : celle de rester vigilants face à toutes les formes de haine, d’exclusion et d’intolérance.


