Regards n°1087

Summer of love

Florilège d’histoires pleines d’amour ou de tendresse, avec juste ce qu’il faut d’acidité

Monsieur Cohen est en analyse depuis dix ans, à raison de trois fois par semaine. Son analyste lui dit un jour qu’il n’a plus besoin de venir, ils ont terminé leur travail. Monsieur Cohen est très angoissé :

– Je suis devenu très dépendant de ces séances, je ne peux pas arrêter comme ça.

– Écoutez, je vous assure que vous pouvez tout à fait vous débrouiller seul à présent. Si vous avez le moindre problème, voici mon numéro de téléphone, n’hésitez pas à m’appeler quand vous voulez.

Deux semaines plus tard, un dimanche à 5 heures du matin, Monsieur Cohen appelle son analyste :

– J’ai fait un cauchemar affreux, j’ai rêvé que vous étiez ma mère, et me suis réveillé avec une sensation d’horrible malaise.

– Qu’avez-vous fait alors ?

– J’ai analysé mon rêve comme vous m’avez appris à le faire.

– Et ensuite ?

– Je n’ai pas réussi à me rendormir, alors j’ai pris un mon petit-déjeuner.

– Et qu’avez-vous pris ?

– Un petit café.

– Et c’est ça que vous appelez un petit-déjeuner ?!!

Les parents sont sortis pour la soirée. Simon dit à sa petite sœur :

– Viens, on va faire comme Papa et Maman.

– Comment ?

– On va aller dans leur chambre.

– Et après ?

– Après, on ferme la porte à clef.

– Et après ?

– Après, on se déshabille.

– Et après ?

– Après, on se met dans le lit.

– Et après ?

– Après, on remonte la couette.

– Et après ?

– Après ? On parle yiddish pour que les enfants ne comprennent pas.

C’est terrible, ma belle-fille a menacé mon fils de le quitter si je continuais à faire des remarques.

– Mais c’est terrible !

– Oui, elle me manquera beaucoup.

Ma famille et moi, on est comme l’eau et le feu. Dans l’hypothèse où le feu serait capable de flanquer une déprime monumentale à l’eau et de lui donner envie de mettre fin à ses jours. Lorsque nous attendions notre premier enfant, ma femme et moi avons engagé une doula, une accompagnatrice de grossesse. Quand elle est venue chez nous la première fois, je l’ai prévenue :

– Nous ne parlons pas à nos parents respectifs.

– C’est triste.

– Sans doute, mais pas autant que lorsqu’on leur parle.

Le petit Samuel va trouver sa grand-mère :

– Safta, pourquoi Papa a épousé Maman ?

– Ah ! Toi aussi tu te poses la question.

Salomon et Rachel fêtent leurs vingt-cinq ans de mariage. L’événement est de taille, pourtant Rachel ne semble pas très heureuse. 

Salomon lui demande : « Rachel, tu n’as pas l’air dans ton assiette, qu’est-ce que tu as ». D’un air triste, Rachel lui répond : « Salomon, en vingt-cinq ans, tu ne m’as jamais rien acheté ». 

Étonné, Salomon la regarde et dit : « Mais enfin Rachel, tu ne m’as jamais dit que tu avais quelque chose à vendre ».

Écrit par : Noémi Garfinkel

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