Le CCLJ déplore l’éviction de Joël Kotek de la délégation belge de l’IHRA

L’éviction de la délégation belge auprès de l’IHRA de Joël Kotek, un historien qui en a été membre pendant près de quinze ans suscite une profonde incompréhension.

Il est en effet troublant qu’une délégation nationale d’une organisation intergouvernementale consacrée à la mémoire de la Shoah choisisse de se priver volontairement de l’expérience et des connaissances d’un spécialiste reconnu de l’antisémitisme en Belgique, dont les travaux académiques ont également porté sur la Shoah, les génocides du XXe siècle et les mécanismes de la haine antijuive. Son parcours est celui d’un chercheur et d’un pédagogue ayant notamment dirigé la formation du Mémorial de la Shoah à Paris et contribué durant de nombreuses années aux travaux de l’IHRA.

Une telle décision affaiblit non seulement la qualité du travail intellectuel et scientifique de la délégation, mais soulève également des interrogations quant à la place accordée à l’expertise dans le traitement des questions liées à l’antisémitisme.

Selon les informations disponibles, son éviction ferait suite à une intervention prononcée lors d’une réunion plénière de l’IHRA à Jérusalem, au cours de laquelle il a évoqué plusieurs faits antisémites récents survenus en Belgique.

Or, ces éléments relèvent précisément des réalités contemporaines auxquelles sont confrontées les communautés juives en Europe. Les mentionner dans le cadre d’une organisation dont la mission est la préservation de la mémoire de la Shoah et la lutte contre l’antisémitisme ne saurait être considéré comme une faute. Bien au contraire, il s’agit d’une contribution légitime au débat, fondée sur des faits et nourrie par une expertise reconnue.

Si un universitaire ne peut plus évoquer la résurgence de l’antisémitisme au XXIe siècle au sein même d’un organisme chargé de transmettre la mémoire de l’une des manifestations les plus extrêmes et les plus meurtrières de l’antisémitisme, alors qu’elle est véritablement la mission de cette organisation ?

Écrit par : Benjamin Beeckmans
Président du Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind
Benjamin Beeckmans président

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