Gertrude Stein (1874-1946) était une poétesse et collectionneuse américaine d’art moderne, une « icône queer » comme l’affirme l’auteur. Une amie entre autres de Picasso (qui fera son célèbre portrait, cubiste comme il se doit) et d’Hemingway. Elle formait un couple conjugal avec Alice B. Toklas avec laquelle elle vivait au 27 rue de Fleurus à Paris, non loin des jardins du Luxembourg et de Montparnasse. Fille d’immigrés juifs allemands plutôt fortunés, elle fit d’abord des études de médecine mais ne fut jamais médecin. Elle écrivit nombre de livres, mais son best-seller fut l’Autobiographie d’Alice B. Toklas qu’elle publia à 59 ans. Enfin a-t-elle alors connu la gloire après laquelle elle courait. Pour écrire ce livre, Gertrude Stein emprunta la voix de sa compagne Alice et cela, semble-t-il, a libéré la sienne propre. C’est en 1903 qu’elle quitta les Etats-Unis pour Paris où elle rejoignit son frère Leo. Le poète Ezra Pound, admirateur de Mussolini, dira d’elle qu’elle ressemblait à un « tonneau sur pattes ».

Ce n’est pas très gentil pour celle qui demeure un témoin irremplaçable du Paris des années folles. Cet essai de Deborah Levy a ce charme qu’ont souvent les ouvrages anglo-saxons : la liberté de ton et d’inspiration. Il bifurque sans crier gare et nous transporte en poésie.





