Regards n°1105

L’espoir, cette tragédie

Une connaissance, délégué pharmaceutique spécialisé dans le marché des neuroleptiques, vient de perdre son travail. C’est triste quand un soignant se retrouve au chômage en pleine période de pandémie (psychiatrique). Malgré quinze ans de bons et loyaux services, son licenciement a été prononcé pour faute grave : depuis six mois, le type volait des antidépresseurs, des anxiolytiques et autres calmants en quantités astronomiques, et les refilait sous le manteau à sa famille, à ses amis, aux amis de ses amis… jusqu’à finalement se retrouver dans la situation absurde de faire du bien à des gens qu’il n’aimait pas tant que ça. Et tout ça, gratos. Le gars a ouvert un cabinet de psychothérapie bénévole clandestin et un peu crapuleux, il faut bien le reconnaître. Mais que voulez-vous, les cabinets de psys ont des listes d’attente d’un an, il fallait bien agir !

Depuis six mois que le monde a révélé et réveillé son antisémitisme larvé, mordant et dormant, l’histoire nous montre à nouveau à quel point les Juifs sont les premiers, mais jamais les derniers, et donc certainement pas les seuls, à recevoir la haine des antisémites, qui cumulent les tares comme certains élus socialistes cumulaient jadis les mandats. Disons qu’on est en première ligne, parce que le fonds de commerce de l’antisémitisme est la haine des Juifs, mais qu’au regard du seuil de tolérance de nos contempteurs vis-à-vis de tout ce qui diffère d’eux, on a à nos côtés des gays, des apostats de l’islam, des mécréants, des sunnites (pour les chiites), des chiites (pour les sunnites), des Perses (pour les Arabes), des Arméniens et des Kurdes (pour les Turcs), et ainsi de suite. Et tandis que les Juifs se retrouvent surreprésentés dans les consultations psy, les islamistes et leurs soutiens crétins, eux, ont brisé leurs chaînes, éructant chaque jour leur fureur (écrivez-le comme vous voulez) dans les rues de l’asile de fous à ciel ouvert qu’est devenu ce monde. En attendant un revirement qui se fait davantage attendre que le messie, la solution de génie nous a été soufflée par le directeur d’UNIA le 20 avril dernier, à la fin du brillant colloque organisé par l’Institut Jonathas : « Et si, à l’heure où des Belges juifs ont peur de porter leur kippa et leur Magen David autour du cou dans la rue, on encourageait tous les Belges à sortir déguisés en Juifs ? » Partez devant Monsieur Charlier, on vous rejoint et on vous aidera à ramasser vos dents. Il songe peut-être à Christian X, roi du Danemark, dont la légende (non vérifiée) veut qu’il ait porté l’étoile jaune dans les rues de Copenhague occupée par les nazis. Merci, mais non merci, on va continuer à résister, à vivre, et à gober des benzodiazépines.

Écrit par : Noémi Garfinkel

Esc pour fermer

Site rwanda LHJDN
Site sur l'enseignement de l'histoire du génocide des Tutsi au Rwanda 
Pourquoi et comment enseigner l’histoire du génocide des Tutsi au Rwanda en FWB ?
Mémoire
1128 Cinéma illu
Art Spiegelman, hors case
Foisonnant, inventif et profondément humain, le documentaire Art Spiegelman : Disaster Is My Muse retrace le parcours exceptionnel du créateur(...)
Florence Lopes Cardozo
Culture, Vie Juive
22
Dibook | Rencontre avec Golem
Rencontre avec des membres du Collectif Golem. Ce jeune mouvement né à Paris et Bruxelles se montre très actif dans(...)
Non classé
22
Dibook | Le rôle de la communauté juive dans les Midterms
Elections des Midterms US et le rôle de la communauté juive dans ces scrutins avec le journaliste Stephane Rosenblatt. L’avenir(...)
Non classé
22
Dibook | Laïcité et communauté juive
Rencontre avec Thomas Gillet le nouveau président du Centre d’action laïque dont le CCLJ est une association constitutive. Cet enseignant(...)
Non classé
22
Dibook | La musique juive, c’est quoi ?
Quelles sont les caractéristiques de ce qu’on appelle la musique juive. Elle est diverse et empreinte d’influences variées. Mais elle(...)
Non classé